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Poitrine de porc, mam tom

Le porc est certainement le meilleur ami de l'Homme dans l'assiette en Asie, au moins pour les deux pays suivants, sans interdits alimentaires comme en Malaisie ou en Indonésie. Avec près de 30 kgs consommés par habitant, le Vietnam est détrôné par la Chine qui aurait un cheptel estimé à 800 millions de bêtes et 80 % de la viande mangée là-bas est d'origine porcine.

( photo : Magica, CC AS 3.0 Unported )
Au Vietnam, la pâte de crevettes appelée mam tom est préparée pour donner une sauce liquide obtenue avec un mélange de jus de citron, sucre et piment. Elle est associée avec des légumes et un autre aliment protéiné comme du tofu, des abats ou du porc bouilli.
 
 ( photo : Trungnguyen299, CC AS 2.0 Generic )
On se doute bien que la recette qui suit sera loin de recueillir tous les suffrages mais la pâte de crevettes ne fait pas l'unanimité partout et si cet ingrédient passe bien noyé dans une sauce ou un bouillon, tremper directement un aliment dedans rebute aussi certains Vietnamiens...

 ( photo : N. Thanh Quang, CC AS 3.0 Unported )
Mais comme le dit justement le site Vietnam Beauty,  dans ce pays, la nourriture a presque toujours meilleur goût que cela en a l'air ! Aussi, n'hésitez pas à gouter le mam tom qui sera accompagné de petites aubergines, de tranches de concombre et de poitrine de porc, le tout servi, bien sûr, avec du riz blanc...
 
Temps de préparation : 1 H
( compter 2, 3 jours pour les aubergines )

Préparation pour 4 personnes :
700 g de poitrine de porc maigre
1 concombre
1 paquet de petites aubergines asiatiques
50 cl d'eau
2 cuillères à soupe de sel ( 0,5 + 1,5 )
1 cuillère à soupe de sucre
1 gousse d'ail.

Sauce :
2 cuillères à soupe de pâte de crevettes ( mam tom, kapi )
2 citrons
1 cuillère à café de sucre roux en poudre.

Préparation :

Etape 1 préparer quelques jours avant les aubergines, en les lavant à l'eau, en les coupant en quatre ou en six selon leur taille et en enlevant leur queue. Faites les dégorger en les mettant dans une passoire avec la moitié d'une cuillère à soupe de sel : bien mélanger, laisser reposer pendant 30 mn puis rincer.



 Eplucher et hacher finement l'ail. Dans un saladier, mélanger le reste du sel, le sucre et l'ail dans de l'eau tiède puis ajouter les morceaux d'aubergine et couvrir avec une soucoupe, de façon à ce que les légumes soient dans le liquide. A déguster sous 2, 3 jours... 

Etape 2 préparer la poitrine en enlevant les soies et le gras sur les côtés puis plonger la poitrine de porc dans de l'eau légèrement salée à niveau ( ou du bouillon, pour en faire une soupe d'accompagnement ). A partir de l'ébullition, écumer, cuire la viande à feu doux à découvert et compter environ 50 mn de cuisson à 1 heure.

 Dégraisser le bouillon puis éplucher, nettoyer et hacher la tige de ciboule. Sortir les aubergines de la saumure et les faire dégorger pendant 20 mn au moins dans un grand bol plein d'eau froide puis les égoutter. Eplucher partiellement le concombre, le rincer et couper en tranches. 

Etape 3 our la sauce, mettre deux à trois cuillères à soupe de pâte de crevettes dans un bol avec le jus de deux citrons plus une bonne cuillère à café de sucre et du piment en option. 

 La confection de la sauce est à moduler selon les goûts de chacun et le citron plus ou moins généreux en jus... Quand le porc est cuit, couper en morceaux de la taille d'une bouchée, ajouter un trait de citron au bouillon avec la ciboule hachée puis disposer l'ensemble des plats sur la table. 

 Chacun piochera  dans les plats et trempera les aliments dans la sainte sauce. A servir avec du riz blanc ou du vermicelle de riz " bun ".

Nuoc mam

 ( photo : Heinrich Damm, CC A 2.0 Generic )
On aurait pu continuer par nam pla, nam pa, ngan pya ye, tuk trey ou yu lu... Soit les six noms différents attribués au même condiment : la sauce de poisson dans les pays qui voient couler le fleuve Mékong.

Si le nuoc mam est assez facile à attribuer au Vietnam, on vous laisse le soin de retrouver l'origine de chaque nom pour le Cambodge, la Chine, le Laos, le Myanmar et la Thaîlande...!

Retour aux origines de cette sauce de poisson existant depuis les temps antiques en Grèce et à Rome sous le nom de garum...car aujourd'hui, cette saumure est fabriquée principalement en Asie du Sud-Est.

Le nuoc mam est surtout connu ici pour servir de sauce d'accompagnement aux fameux nems et autres rouleaux de printemps, dilué avec de l'eau, du sucre et du vinaigre ou du citron.

En accompagnement, il faut diluer la sauce de la manière suivante :  sauce de poisson ( 1 volume ), vinaigre de riz ( 1 volume ), sucre ( 1 volume ) + eau chaude ( 3 volumes ). On ajoutera selon le goût, de l'ail, des carottes râpées ainsi que des rondelles de piment. Cette sauce sera plus ou moins diluée, selon les plats à accompagner.

On peut remplacer au sud du pays pour certains plats ce type de sauce par du jus de citron vert, mélangé à du sel et du poivre. Et les végétariens ont aussi leur propre substitut... Pour le réaliser, de l'eau, du sel et de la sauce de soja pour la couleur !

On échange aisément le sel là-bas par cette sauce qui, outre son goût, apporte des protéines à une alimentation quelquefois frugale.

  ( photo : Kwantonge, CC AS 3.0 Unported )
Définitivement la base aromatique dans la zone géographique dite de l'Indochine car tous ces pays utilisent aussi  très largement la sauce de poisson dans les préparations sautées au wok, mijotées ou en sauce d'accompagnement.

 ( photo : Takeaway, CC AS 3.0 Unported )
La sauce que vous retrouvez en bouteille ou flacon dans les boutiques spécialisées ou en supermarché a pour origine principalement deux pays : le Vietnam et surtout la Thaîlande.

( photo : Stefan, CC A 2.0 Generic )
Une petite production africaine au Sénégal est également à signaler grâce à la présence de quelques Vietnamiens, vestiges d'un temps passé... D'ailleurs, beaucoup d'experts du même pays interviennent fréquemment sur la côte occidentale africaine... pour la riziculture !


Pour faire court, signalons que le nuoc mam est le résultat de la macération de poissons ou seiches marinés dans du sel puis comprimés dans de grands tonneaux. On recueillera le jus, au bout de plusieurs mois, considéré comme le meilleur car les producteurs ajoutent de l'eau ensuite... ainsi que du caramel colorant... afin d'avoir la même couleur !

Il semblerait que les meilleures qualités produites proviennent de l'ile de Phu Quôc, située dans le Golfe de Thaîlande, près du Cambodge grâce au savoir-faire local et à la matière première, le ca com, une espèce d'anchois, l'engraulis, même si la sauce faite à Phan Thiet , sur la côte est réputée. Les pêcheurs arrivent même à boire un petit verre de ce nectar, tel un grand cru, avant de partir en mer...